Les superpouvoirs cachés d'Optic 2000

 

Il y a quelques temps, un mauvais génie a croisé ma route et m’a jeté un maléfice : celui de perdre tous mes sens sauf un. En temps normal, ils sont 5 : l’ouïe, l’odorat, la vue, le toucher, le goût.  Le mauvais génie a fait preuve d’un peu de bonté et m’a laissé le choix du sens rescapé. Après une rapide analyse, j’ai choisi  de sauver la vue parce que vivre dans le noir me paraissait insurmontable. Privé des 4 autres sens je pourrais toujours découvrir des paysages incroyables, voir les gens sourire. Le mauvais génie a alors mis sa menace à exécution. Je n’entendais, ne sentais, ne ressentais et ne goutais plus rien. Dans cette épopée malheureuse, je réalisais ma chance : peu de temps avant j’étais totalement myope et la banale visite que j’avais alors faite chez l’opticien se révélait maintenant une précaution salvatrice. Je voyais distinctement et là était maintenant toute ma richesse. J’allais devoir vivre avec.

 

Quelques jours plus tard, je me suis félicité d’avoir sauvé ce sens. La vue est une ressource qu’il ne faut pas négliger, elle nous permet de percevoir 80% de notre environnement. On dit souvent que lorsque l’on perd un sens, les autres se décuplent, alors imaginez lorsque vous en perdez 4. Je décrypte tout beaucoup plus intensément, j’ai l’impression d’être un super-héro ! Je saisis instantanément toutes les micro-expressions de visage, le moindre rayon de soleil et la plus petite nuance de couleur.  C’est une nouvelle vision de la vie. La perte des 4 autres sens a fait de moi un homme capable de réellement observer le monde qui l’entoure. Malgré tout,  sans lunettes je reste myope.

 

Et mes lunettes, c’est Optic 2000 et c’est aussi super-héroïque.

 

Parce que le lunetier est désormais et avant tout une marque responsable. Cette facette de la marque est la figure de proue de sa nouvelle campagne de communication. En un seul et unique spot publicitaire, la marque fait passer plus d’un message : elle soutient la fondation GoodPlanet, maintient les emplois en France avec la collection « Mode In France » et reverse un euro par monture achetée au téléthon ; tout ça sur fond sonore du « What a Wonderful World » de Louis Armstrong. Une paire de lunettes ne peut pas sauver le monde disiez-vous ? En prime, Optic 2000 fait de Yann-Arthus Bertrand,  photographe écolo le plus connu du moment, son égérie.  Le choix semble avisé : ses yeux sont d’or et offrent au monde des images magnifiques. Sauf qu’au beau milieu de toutes ces revendications, il passe presque inaperçu.

 

Par cette campagne déclinée en print et TV, Optic 2000 tente de faire entrer la lunetterie dans l’ère du développement durable. Son tord est de vouloir trop en dire en une seule fois, le message s’y perd et la rupture d’avec l’ère Johnny est brutale. Arthus-Bertrand dira d’ailleurs que « tous ses potes vont se foutre de sa gueule ». Bon Prince, il reverse tous les bénéfices de son contrat à l’association GoodPlanet.

 

Optic 2000 semble, elle aussi,  avoir croisé un mauvais génie lui ayant fait perdre le bon sens, le sens de la communication. Avant Optic 2000 faisait simplement des lunettes, mais ça c’était avant. Maintenant Optic 2000 sauve le monde.

 

Aurore Caluwé, Emilie Jaslin, Pierre Fees et Thibault Deville.

Master Marketing et Pratiques Commerciales 
IAE de Paris, Université  Paris 1, Panthéon-Sorbonne