Perrier, c’est fou !

 

Perrier, c’est fou !

Paris, 18 juin 2014, 18h.
Il fait beau, j’ai fait les magasins une bonne partie de la journée puis j’ai flâné le long des berges de la Seine… J’adore Paris. Il se dégage une telle atmosphère de romance dans cette ville que j’ai envie de tomber amoureuse à chaque fois que je parcours ses rues, ses squares.

J’ai soif et je décide de m’installer à la terrasse d’un café le long d’une belle avenue bordée d’arbres pour prolonger cette si belle journée. Le serveur s’approche pour prendre ma commande… Je le trouve assez craquant… Je me verrais bien me promener main dans la main avec lui.
« Qu’est-ce qui vous ferait plaisir mademoiselle ? »
« Je vais prendre un Perrier, ils viennent de lancer un nouveau format de canette, je l’adore ! »
Le serveur me lance un drôle de regard, pas du tout romantique, et me balance un « hum, je vois » accompagné d’un clin d’œil.
C’est un drôle de comportement.
« Que veut dire ce sous-entendu ? » je lui demande
« Vous ressemblez à la fille de la pub… C’est chaud ! »
« Quoi, quelle pub ? »
« Eh bien, mais celle de Perrier… Tenez, je vous montre »
D’un geste il sort son smartphone de sa poche, et en quelques secondes me fait découvrir cette fameuse publicité. C’est l’enfer : les images toutes plus suggestives les unes que les autres défilent. Les slogans qui les accompagnent ne laissent planer aucun doute :

-    « J’en ai jamais vu d’aussi longues »
-    « Grande ou petite, du moment que j’en ai une ! »
-    « Vous croyez que la taille ça change le goût ? »
-    « A la gym, le prof vient toujours avec une grosse qu’on se partage à quatre »
J’en reste interdite, sous le choc. Je viens de passer pour la nympho de service tout cela parce que j’ai commandé une eau minérale que je ne trouve plus très désirable tout à coup… Bonjour la romance.
En voyant mes yeux lancer des éclairs le serveur fait marche arrière. Il me fait remarquer, en bafouillant un peu, que Perrier c’est 150 ans d’existence et donc 150 ans de publicités plus ou moins marquantes.
Dans le genre décalé mais qui marche parfaitement bien pour faire la promotion d’un nouveau produit, Perrier est sans aucun doute l’une de entreprises de boissons qui regorgent le plus d’idées pour ses publicités. Déjà en 1976, une pub réalisée par Serge Gainsbourg intitulée « La main » était censurée après une douzaine de diffusions.

D’accord pour le genre décalé monsieur Perrier mais était-il bien nécessaire d’en arriver là pour booster vos ventes ? Cela reste à voir ! Et même si, sans aucun doute, cette histoire aura apporté de l’eau au moulin de la marque gardoise, je reste plus que sceptique quant à l’effet produit sur son image.
En ce qui me concerne, j’ai fait mon choix et opte finalement pour un Coca-Cola. Car bien que la célèbre bouteille ait embrassé des milliards de gens comme le proclame la campagne de mars dernier, c’est quand même plus romantique… L’eau de Perrier ne fera pas pschitt aujourd’hui !
 

Jennifer DANIEL, Pascal LANCIAUX

Master Marketing et pratiques commerciales, Formation continue, 2015/2016
IAE de Paris, Université  Paris 1, Panthéon-Sorbonne