Correspondances avec les marques — Lettres d’amour et lettres de rupture

Les relations des consommateurs aux marques sont parfois faites d’amour et de haine. Elle peuvent se révéler douces, tumultueuses, voluptueuses, intimes, déchirantes, amères… Nous avons demandé à nos étudiants d’écrire des lettres d’amour aux marques. En voici une sélection.

Cliquez sur les addresses en-dessous des logos des marques pour les découvrir.


Je ne me souviens pas de notre première rencontre. Tu as toujours été là.

Tout ce dont je me souviens, c’est de ma sœur qui m’ordonne « cick, CICK ! », et du chien unijambiste d’Adibou. On passait des heures à préparer des gâteaux, on avait chacune notre rôle, elle me disait quand cliquer ; je cliquais.

Je me souviens de ton odeur de pomme, ta fraîcheur, une odeur de mon enfance. De mes petites mains qui touchent tes touches, le E, le V, et le A.

De ton ambivalence de l’époque, une matière lisse et sèche, puis une plus ronde et qui accroche le doigt, caoutchouteuse. Maintenant, tu es doux et lisse, uniforme, simple.

Tu m’as ouvert au reste du monde, tu as nourri mes passions. Tu m’as offert un espace pour grandir.

J’ai passé tant de temps avec toi, à attendre que le monde du cinéma nous atteigne, des heures à regarder la petite barre Limewire charger, mon excitation lorsque le téléchargement était fini.

Je te dois une grande partie de ma culture, tu m’as délivré toutes mes références.

À travers toi que j’ai découvert mes plus grandes angoisses, ainsi que mes plus beaux rêves.

Je t’ai noyé de mes larmes à certains moments. Par ton intermédiaire, on m’a largué, j’ai appris des pertes, certaines des conversations que tu as relayées ont changé le cours de mon existence.

Grâce à toi, je peux regarder toutes les vidéos de mon enfance, grâce à toi je peux régulièrement voir mes morts.

Par toi, j’ai gardé contact avec ma famille quand je partais explorer d’autres pays. Ou inversement ; tu étais au bout de la table à la place d’Océan lorsqu’il est parti vivre en Thaïlande, tous les mercredis soirs. Et tout comme lui, tu ne la débarrassais jamais.

J’ai eu mes plus importantes discussions à travers toi. Tu m’as aidé à prendre les décisions les plus audacieuses, à vivre des choses exceptionnelles. Tu m’as accompagné dans l’écriture de ma plus belle lettre d’amour, et celle de mes messages les plus vulnérables. Sans toi, je n’aurais pas pu exprimer tout ce que j’ai pu exprimer.

C’est toi qui a écrit ma première lettre de motivation, et celle de démission. Mes résistances, mes espoirs, mon futur, on les as composé à quatre mains.

On a grandi ensemble, au fur et à mesure des années, tu es devenu plus performant, plus intuitif et plus audacieux.

Et moi, j’essaie de te suivre, toutes tes nouvelles inventions, m’émerveillent d’années en années.

Tu es devenu mon outil, mon fidèle compagnon. Tu m’as suivi dans mes nuits blanches, mes charrettes, on s’est échiné à la tâche. Tu m’as soutenu dans mes projets les plus ambitieux, tu m’as rendue fière de moi-même.

Désormais, grâce à toi, je gagne ma vie, j’ai un toit et j’apprends tous les jours de nouvelles choses. Je t’ai cassé maintes et maintes fois, on a fait le tour du monde, tu es le seul qui m’a accompagné presque partout. Je t’ai confié mes secrets les plus chers, tu m’as offert l’amour de la découverte.

Tu restes mon ouverture au monde. Grâce à toi, tout n’est qu’au bout de mes doigts.

Merci.


The memory of when we first met remains clear and lively in my mind. Under the pouring monsoon rain in a bustling market, I saw you — glittering under the fluorescent lights of a small electronics shop, curled up between radios and calculators. It was love at first sight. Nothing ever quite held my heart the way you did. You exuded simplicity, humility and understated confidence. In that moment, something triggered me. A small surge of wonder, of excitement, maybe even destiny.

Right from the start, you’ve been more than a watch to me. You were my countdown timer during exams, my stopwatch in the school races and at childhood playground, my backlight in dark movie theaters when I needed to check the time discreetly. Every beep you made was a little reminder that you were there—reliable, steady, never asking for praise.

I know you are different when the first time your alarm jolted me awake for an early flight. I remember those long, boring afternoons when I’d press your buttons just to hear that weirdly satisfying click. Some people fidget with pens. I fidgeted with you. Those small moments somehow became part of my routine. Then there was that day when someone complimented you while you were on my wrist. I felt oddly proud — as if I’d personally engineered and designed you.

I felt even prouder each time I learned who else you had accompanied on their journeys. Barack Obama himself wore the classic Casio F‑91W, proving that even a president sees the value in your simplicity and robustness. Your most iconic model, the Casio F‑91W, became entangled with a darker chapter in history as you were photographed with Osama bin Laden. An unsettling reminder of how even the most modest, universal object can end up in the hands of both heroes and villains alike.

Certainly, we had our fair share of dramatic moments. Like the summer I wore you into the ocean, overly trusting your “water-resistant” courage a tad too boldly than I should have. Or the day your strap snapped and for a moment I feared it was the end — until a quick replacement brought us back together. You have survived drops, scratches and even my betrayal when I had temptation for other flashier brands in a moment of weakness. And still, I kept coming to you,

Thinking about all our years together, I understand now why my feelings for you still stay strong; you are timeless not because you try to be trendy, but because you simply stay true to what you do. No drama. No ego. Just consistent, quite competence.

So here I am, confession my affectionate feelings for an inanimate object, you.

Casio, I adore you.
For your simplicity.
For your durability.
For your unassuming charm.

For all the seconds, minutes, and years we’ve shared—and all the time still ahead.

Here’s to every second we’ve lived.
And to all the time still waiting for us.

Mike


Ma rencontre avec Chanel : un parfum d’amour et de souvenirs
Il y a des marques qui ne se contentent pas d’exister dans les vitrines ou sur les étagères. Elles s’entrelacent avec nos vies, s’imprègnent dans nos souvenirs, deviennent des passerelles vers ceux qu’on aime. Pour moi, Chanel n’est pas seulement une maison de luxe, c’est le parfum de ma grand-mère, l’éclat de son sourire, le froissement soyeux de ses foulards. Chanel, c’est elle. C’est nous.

Ma grand-mère, Mamie, comme je l’appelais, était une femme d’une élégance rare, pas celle des magazines, mais celle du cœur. Elle m’a élevée dans les montagnes de Kabylie, là où les hivers sont rudes et les cheminées deviennent le cœur battant des maisons. Elle est partie en janvier 2016, emportée par un cancer qui a éteint sa lumière, mais pas son empreinte dans ma vie. Elle était ma confidente, mon roc, celle qui transformait mes doutes en courage et mes larmes en rires. Avec elle, chaque instant était une leçon de vie, chaque conversation une aventure. Et Chanel, c’était son trésor.

Mon premier souvenir de Chanel remonte à une après-midi d’automne, j’avais douze ans. Mamie m’avait demandé de l’aider à ranger ses affaires précieuses dans sa commode en bois sculpté. Elle me faisait confiance, à moi seule, pour manipuler ses trésors : des flacons de parfum, dont l’odeur ambrée et poudrée semblait capturer l’essence même de l’élégance ; des bijoux délicats, des broches ornées de camélias ; et des châles, soyeux, aux motifs délicats, qu’elle drapait sur ses épaules avec une grâce naturelle. « Regarde, ma chérie, me disait-elle, Chanel, c’est plus qu’une marque. C’est une histoire de raffinement, de travail bien fait. Comme nous, en Kabylie, on ne fait pas les choses à moitié. » Elle riait, et son rire résonnait comme une mélodie.
Ce jour-là, en tenant ce parfum que lui avait offert mon grand-père ; entre mes mains, j’ai senti un déclic. Ce n’était pas juste l’objet, c’était ce qu’il représentait pour elle : une célébration de la beauté, de la résilience. Mamie n’était pas riche, loin de là. Élever dix enfants, en France, et précisément en Moselle, c’était un exploit. Pourtant, elle s’offrait parfois un petit luxe, une goutte de Chanel, comme une récompense pour sa force. Ce parfum, c’était sa signature, son affirmation qu’elle méritait le beau, malgré les épreuves. Et en l’observant, j’ai appris à aimer Chanel, parce que Chanel, c’était elle.

Nos moments forts avec la marque étaient souvent simples, mais magiques. Les soirs d’hiver, quand l’électricité nous lâchait, dans les montagnes de la Kabylie, on s’installait près de la cheminée. Elle sortait un de ses foulards Chanel, le posait sur ses épaules, et me racontait sa jeunesse : ses rêves de jeune fille, ses joies de mère, ses combats, toute seule, en France loin de sa famille. L’odeur du bois qui brûlait se mêlait à celle, subtile, de son parfum. Ces instants étaient comme suspendus dans le temps, une bulle où rien ne pouvait nous atteindre. Elle me parlait de Coco Chanel, une femme qui, comme elle, avait bâti son destin à la force de sa volonté. « Tu vois, ma petite, me disait-elle, une femme peut tout accomplir si elle croit en elle. Chanel, c’est ça : une promesse qu’on peut briller, peu importe d’où on vient. »

Mais ma relation avec Chanel n’a pas toujours été douce. Après le départ de Mamie, en 2016, la marque est devenue à la fois un refuge et une douleur. Entrer dans une boutique Chanel, sentir une bouffée de parfum, voir un foulard en soie dans une vitrine, c’était rouvrir la plaie de son absence. Un jour, peu après son décès, je suis passée devant une parfumerie. L’odeur familière m’a figée sur place. J’ai fermé les yeux, et pendant un instant, j’ai cru qu’elle était là, à côté de moi, en train de rire. Mais en ouvrant les yeux, il n’y avait que le vide. J’ai pleuré, là, sur le trottoir, devant des passants indifférents. Chanel me rappelait tout ce que j’avais perdu : ma confidente, mon modèle, celle qui m’avait appris à aimer les jolies choses et à travailler avec soin.

Pourtant, avec le temps, ma relation avec Chanel a évolué. La douleur s’est adoucie, laissant place à une tendresse infinie. Aujourd’hui, quand je passe mes doigts sur le flacon qu’elle m’a laissé, je ne pleure plus. Je souris. Ce parfum, c’est un pont vers elle. Il me rappelle nos conversations interminables, ses conseils, sa façon de transformer chaque moment en quelque chose de précieux. Je me surprends à imiter ses gestes, à draper un foulard avec la même élégance qu’elle, à vaporiser une goutte de parfum avant un moment important, comme pour porter un peu de sa force avec moi.

Chanel, pour moi, n’est pas qu’une marque. C’est une histoire d’amour, celle d’une petite-fille et de sa grand-mère. C’est l’élégance d’une femme, qui a élevé dix enfants et qui, malgré les tempêtes, a toujours trouvé le moyen de briller. C’est le souvenir des hivers kabyles, des cheminées qui crépitent, des rires partagés. Mais c’est aussi la douleur d’une absence, un vide que rien ne comblera jamais tout à fait. Chaque fois que je croise Chanel, je ressens ce mélange doux-amer : la joie de me souvenir d’elle, et la tristesse de savoir qu’elle ne reviendra plus.
Aujourd’hui, je porte Chanel comme un hommage. Pas seulement à la marque, mais à Mamie, à tout ce qu’elle m’a appris : le goût du travail bien fait, l’amour des jolies choses, la résilience face à l’adversité. Chanel, c’est ma façon de la garder près de moi, de continuer à écrire notre histoire, même si elle n’est plus là pour la raconter avec moi.

Tu es bien plus qu’une marque pour moi, tu es le cœur battant de Mamie, ma grand-mère, dont l’absence me déchire encore chaque jour. Elle m’a élevée dans les montagnes rudes de Kabylie, près des cheminées qui crépitaient comme son rire, jusqu’à ce que le cancer l’emporte en janvier 2016. Ce vide qu’elle a laissé est une plaie ouverte, un silence qui hurle dans mes nuits. Et toi, Chanel, tu es le fil qui me relie à elle, Un amour gravé dans la peine, que le temps ne parvient ni à effacer ni à consoler. Chaque matin, je me réveille avec son absence comme un poids sur ma poitrine, et toi, tu es là, un souvenir vivant qui ne me lâche pas.

Je revois cet automne où, j’ai ouvert sa commode en bois sculpté, ses trésors entre mes mains tremblantes : tes flacons d’ambre poudré, tes foulards soyeux ornés de camélias, ses bijoux fragiles. « Chanel, c’est plus qu’une marque, ma chérie », me murmurait-elle, sa voix douce comme une caresse. Elle, qui a élevé dix enfants en Moselle avec une force incroyable, s’offrait une goutte de toi comme un cri de dignité face à la misère. Ce jour-là, en sentant ton parfum, j’ai touché son âme : Une beauté née des épreuves, un éclat façonné par les difficultés. Tu étais sa signature, son moyen de dire qu’elle valait quelque chose malgré tout, et j’ai aimé cela, j’ai appris à t’aimer à travers elle. Les hivers en Kabylie restent gravés en moi : la cheminée qui nous réchauffait, son foulard Chanel posé sur ses épaules, ses histoires racontées à la lueur faible. « Une femme est capable de tout si elle croit en elle », me disait-elle, et toi, Chanel, tu portais cette promesse.

Depuis qu’elle est partie, tu as pris une place singulière : douce et douloureuse à la fois. Il suffisait d’une note de ton parfum, pour que le manque se mette à parler. Entrer dans une de tes boutiques, humer ton odeur familière, c’était comme rouvrir la blessure de son absence. Un jour, peu après sa disparition, une bouffée de toi m’a surprise sur un trottoir. J’ai fermé les yeux, espérant la voir rire à mes côtés, mais il n’y avait que le vide. J’ai pleuré, brisée, devant des passants indifférents, et cette douleur, Chanel, elle ne partira jamais. Tu es le miroir de mon deuil, un rappel cruel de ses mains qui ne me serreront plus, de sa voix que je ne réentendrai plus.

Pourtant, je t’aime encore, d’un amour qui saigne. Aujourd’hui, quand je tiens son flacon, les larmes montent, mais je souris aussi. Tu es ma Mamie dans un souffle, ses conseils chuchotés, ses rires perdus. Je vaporise une goutte avant un défi, j’enroule un foulard comme elle le faisait, et je sens son courage me porter, même si mon cœur reste fendu. Parfois, je m’assois seule avec toi, le flacon à la main, et je lui parle comme si elle était là, lui racontant mes peurs, mes joies, mes combats. Tu es devenue ma confidente silencieuse, un lien fragile qui me permet de revivre nos moments près de la cheminée, ses histoires qui dansaient dans la lumière tremblante, ses yeux qui brillaient d’espoir. Chaque fois que je te porte, c’est comme si elle me tenait la main un instant, me guidant dans les jours sombres. Mais ce vide qu’elle a laissé, grandit avec le temps, une douleur sourde qui me rappelle qu’elle ne reviendra pas. Je t’aime pour ça aussi Chanel, pour cette capacité à me faire sentir son absence tout en me donnant la force de continuer. Tu es ma douleur la plus précieuse, une partie d’elle que je chéris, même si elle me fait mal. Je garde son foulard près de mon lit, et certaines nuits, je le serre contre moi, pleurant doucement, en étant sure que quelque part, elle sent mon amour. Tu es ma façon de lui dire que je ne l’oublierai jamais, que son rire, sa douceur, sa lutte vivent en moi à travers toi.

Chanel, je t’aime pour elle, pour ses combats, pour les hivers passés en Kabylie où elle brillait malgré tout. Tu es mon hommage à sa force, à son amour qui me hante. Reste avec moi, je t’en supplie, même si tu portes cette douleur qui ne s’effacera jamais. Tu es ma Mamie éternelle, et je t’aimerai jusqu’à mon dernier souffle, avec toute la tendresse d’une petite-fille brisée mais fidèle. Alors merci. Merci d’être ce lien invisible entre elle et moi. Merci de me permettre de la retrouver, même dans l’absence. Merci de m’avoir appris que, parfois, une odeur suffit à raviver une vie entière.


A quoi peut-on mesurer l’intensité de l’amour, de l’attachement, de ce sentiment si fort qui qui peut se faire emballer notre rythme cardiaque et nos émotions.

Je crois que j’ai trouvé la réponse. L’amour est à la hauteur du chagrin généré par le départ de l’être aimé(e), au manque due à son absence, à la joie extrême des retrouvailles, la jalousie de le ou la voir aimé(e) par d’autre, à la peine inconsolable lors de la disparition…

Ma chère marque, c’est dans cet ascenseur émotionnel que je vis depuis des mois. Après t’avoir retrouvée au détour d’une boutique, tu le sais, je ne vivais que pour toi. Tu m’accompagnais tous les jours sous une forme ou sous autre.

Quelle fut ma joie de te savoir retenue comme fournisseur officielle des équipes françaises pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024. Enfin, tu bénéficias de la reconnaissance internationale que tu méritais. Mais rapidement, je ne supportais plus de te voir adorée par des milliers, des millions de fans, alors que je voulais te garder rien que pour moi.

Heureusement, la frénésie retomba, et je dois t’avouer que j’appréciais de t’avoir à nouveau presque que pour moi.

Malheureusement, cette joie se transforma en inquiétude, puis en angoisse. Je croyais que les jeux olympiques t’avaient redonné une santé de fer, pour ne plus être menacée et risquer la disparition.

Le 22 novembre 2024, le couperet tomba. Tu fus placée en redressement judiciaire, en raison de « tensions financières », comme disaient les spécialistes. Tout le monde sait ce que cela veut dire. Tel un cancer, la rémission est incertaine, surtout dans le secteur de la confection.

Depuis je vis dans l’angoisse permanente de te perdre. J’attends fébrilement tous les jours des nouvelles rassurantes qui ne viennent pas. Le silence des spécialistes me fait croire qu’ils me cachent la vérité.

A chaque fois que je passe devant ta boutique, je m’arrête et achète là un t-shirt, ici une paire de basket, en me disant que c’est peut-être la dernière fois, même si cette pensée me déchire le cœur.

Je ne peux pas me séparer des pièces usagées, comme on ne veut pas oublier les souvenirs.

Le simple fait de penser à ta disparition me rend malade.

Puis j’apprends enfin que des offres de reprises sont formulées, tel un traitement pour vaincre ta maladie. J’apprends par un ami, qu’un nouveau manager de transition, a été spécialement recruté pour te redresser, tel un vaccin, un traitement de la dernière chance.

Enfin, je lis dans la presse 04 Juillet 2025, que le tribunal des activités économiques de Paris a retenu l’offre portée par l’entrepreneur franco-suisse Dan Mamane.

Tu ne peux pas imaginer quelle fut ma joie d’apprendre cette nouvelle. Oh bien sûr, tu me diras que rien n’est totalement encore gagnée. Mais pour moi, c’est la garantie de t’avoir à mes côtés, encore plusieurs mois.

A cette bonne nouvelle, s’ajoutent également d’autres signes positifs. Tu le sais, les adolescents et jeunes adultes sont fans de marques d’équipements sportifs. Comme un signe avant-coureur, j’ai remarqué depuis quelques jours, plusieurs personnes de ces tranches d’âge, porter fièrement ton logo, alors que je m’attendais à les voir porter cette virgule sans âme…

Cela ne peut pas être une coïncidence. C’est un signe, qui te prédit un bel avenir.

Alors entre te garder uniquement pour moi et risquer de te perdre, je préfère te partager et te garder.


I am writing to reflect on our long and significant relationship, one that began at a time when maintaining connections across distances was a challenge. I remember clearly when you first appeared, driven by a powerful and compelling sociology: « to bring the world closer ». This clear mission was your foundation, and it earned my trust and belief.

For a long time, you were more than just a service; you created real value. You became the necessary tool for maintaining relationships that distance and time would otherwise have ended. Thanks to your network, I effortlessly remembered birthdays, easily shared life’s big and small moments with photos, and re-initiated old conversations with a simple click. You felt like a new kind of social space, a digital meeting place where I discovered events and joined communities. For many years, you were a space for connection, laughter, and mutual support.

However, the nature of our relationship has fundamentally changed. Our relationship is now a « tense moment » that never ends. My news feed has been slowly overtaken by advertisements, viral noise, and algorithm-driven content, shifting from personal updates to excessive promotional material. The platform’s physionomy—the emphasis on « likes » and endless scrolling—has cultivated an obsession with popularity, causing people to compare their lives and leaving me feeling overwhelmed rather than connected.

The decisive turning point was the revelation of your internal workings. Shocking whistleblower documents exposed a truth: you permit « meanness » and hate to spread if it serves your profit. The « XCheck » system, which allows sufficiently famous individuals to bypass your rules. This hits your central core — I no longer believe you are a « friendly » brand. This, coupled with the persistent stories about data privacy breaches, misinformation, and the unauthorized use of personal information, eroded any remaining trust.

Your brand legitimacy is gone. A gap now exists between what you “Say” (connecting the world) and what you “Do” (profiting from content that divides us). I also observed how the platform, which was meant to bring people together, instead became a source of online tension and division. The excitement I once felt has vanished, replaced by a feeling that the space is crowded, distracting, and inauthentic.

I have come to realize that we no longer share the same values. You have crossed a personal boundary, and I cannot trust a brand that consistently prioritizes profit over fundamental human emotions.

Thank you for the memories, Facebook. I sincerely hope that one day you manage to rediscover and prioritize the simple, powerful mission that made so many people fall in love with you: bringing people closer together. But for me, that day is not now.

It is time for me to choose the real world over your screen. I am taking back my time and my freedom.

Adieu, Facebook.


I remember the day we met.

You caught my eye with a bag. Small, sculptural, almost playful. The Chiquito. Then the Bisou.
Olive green, soft pink… colours I never thought I would reach for, yet somehow, with you, they made sense. I was drawn to your designs first – your shapes, your playful rebellion against the expected. But what I didn’t expect was how deeply you would stay.

You followed me, gently, through my days. In between the noises in life and the rush of deadlines, you appeared. Une image, un paysage, a moment of stillness. You interrupted my feed, and each time, you felt like a pause. A reminder that life could be softer, slower, warmer.

I think we share the same love: for the sun, for romance, for slower and simpler times – I appreciate how you show them all through your campaign imagery. For long shadows across open fields, for laughter that lingers a little too long, for beauty that doesn’t demand attention, but stays. For the kind of beauty that doesn’t demand attention, but lingers.

You come from fields, from family, from something real. And maybe that is why I recognise myself in you. In a life that often feels fast and transactional, you offer something softer: a world that is deep, caring, poetic. Not just something to wear, but something to feel and to remember.

I fondly think about the time you honoured your late mother with Le Valérie. The campaign was shot at a child’s height, mirroring how you saw the world and how you saw your mother, how you look up to her. It felt intimate. Honest. Like memory made visible. I feel honoured that you shared that with the world, and with me.

And then your grandmother — the brand’s first ambassador. I smiled, not just because it was witty, but because it was true. Brands are double-booking egeries and celebrities with high popularity, sometimes even when¸they have almost no resonance to the brand, which often leaves me deeply confused.

But not you.

In a world chasing faces, you chose roots.

It made me trust you more.

Of course, we’ve had our doubts. I’ve wondered, at times, if you might lose yourself — in massive growth, in spectacle, in the rise and rise of the brand, in the pressure to become more. I didn’t always understand every step you took (I still don’t get the surrealist AR campaign).

But somehow, you always find your way back.

To the sun, to fun, to the people who matter. And that’s when you feel most like you.

Today, you feel close. Familiar. Like a friend I return to, again and again. I don’t just dream of purchasing your creations. I dream of stepping into your world, even if just for a moment.

Jacquemus, to me, you are a feeling of home and a life I have not fully lived yet.

As you grow, I hope you remember what made you – the family, the joy, the quiet confidence.
Even if we may drift, each following our own paths,
as long as we hold these values close to our hearts,
I know that we will always find our way back to each other.

All my love


Il était temps de t’écrire pour retracer le chemin que nous avons parcouru ensemble, toi et moi, depuis toutes ces années. Je t’écris cette lettre comme on ouvre une boîte de souvenirs : avec un mélange de tendresse, de nostalgie et d’un sourire un peu coupable.

Tu es arrivé dans ma vie sans fracas, un petit chocolat coloré parmi tant d’autres. Je ne me souviens ni du jour, ni du lieu, ni même de la première bouchée. Mais je me souviens du plaisir. Du plaisir d’un petit garçon récompensé après l’école ou par la générosité discrète d’un grand-père complice.

Il y avait dans ta forme ronde et tes couleurs vives quelque chose de joyeux, d’espiègle, presque enfantin. Tu étais plaisir, tu étais douceur. Tu étais déjà là.

Tu es donc arrivé dans ma vie par petites touches sucrées, comme un sourire qu’on glisse dans une poche. Un chocolat parmi tant d’autres, pensais-je… Et pourtant, sans le savoir, tu t’es installé quelque part dans mon cœur.

Mais l’amour, le vrai, prend parfois son temps. Je me souviens du moment précis où tout a vraiment changé entre nous. C’était à Londres, en 2017, soit bien longtemps après ces souvenirs d’enfance !

Oui, je me souviens de ce jour où j’ai franchi les portes de ton palais, au 1 Swiss Court, près de Piccadilly Circus. Mon regard s’est illuminé ! Les couleurs, la musique, les sourires géants sur les murs, ta folie douce partout autour de moi… J’ai senti mon cœur bondir. J’ai compris ce jour-là que tu étais bien plus qu’un simple chocolat. Tu étais un univers. Une personnalité. Un souvenir heureux à emporter dans ma poche.

Depuis, tu ne m’as plus quitté. Tu es entré dans mes habitudes. Ma petite touche de réconfort après une journée difficile. Ton goût me séduit, bien sûr, mais ce sont aussi tous ces objets à ton effigie qui rendent notre relation vivante : sur ma table avec des mugs magnifiques, à mon bureau avec ce magnifique stylo collector et jusqu’à mon salon avec ce coussin humoristique. Tu me fais rire à travers tes publicités, tu me surprends avec tes déclinaisons en biscuits ou glaces et tu fais pétiller mes matins avec tes tasses colorées. Chaque bouchée est une madeleine, un voyage express vers Londres, vers l’insouciance.

Mais même les plus grandes histoires traversent des orages. Quand en 2019 j’ai découvert par la presse que tu cachais en toi des ingrédients potentiellement cancérigènes, j’ai eu mal. Une blessure silencieuse. Tu ne m’avais rien dit. Tu avais continué à me sourire, sans me prévenir. J’ai pris mes distances, le cœur lourd. L’amour sans confiance n’est qu’illusion.

Puis tu es revenu quelques années après. Transparent. Honnête. Tu as changé. Tu m’as prouvé que tu pouvais évoluer sans perdre ton humour ni ta tendresse. Alors, doucement, je suis revenu vers toi. Et j’ai retrouvé ce que j’aimais : ta joie, ton goût, ta fantaisie. Je t’ai redécouvert. Et je suis retombé amoureux.

Alors je te le dis, simplement : reste comme tu es. Drôle. Étonnant. Vivant. Continue à mettre de la couleur dans mes jours gris et du rire dans mes matins pressés. Sois toujours ce petit bonheur que l’on partage du bout des doigts. Mais reste sincère et transparent avec moi.

Je t’aime, M&M’s. Et je crois bien que je t’aimerai longtemps.

Dans l’attente de te lire,

Ton gourmand éternel


Dis-moi ce que tu portes aux pieds, je te dirais qui tu es.

Je viens d’un milieu où les chaussures, ça compte.

La première chose que mon père regarde chez quelqu’un : ses pieds.

On m’a toujours dit : “Des chaussures et des ongles propres”.

Moi je ne veux pas être n’importe qui, pas être tout le monde.

Je suis une wannabe,

J’aimerais qu’on me juge car je suis une fashion.

Je veux faire partie de la clique des weirdos.

Dis moi ce que tu portes, je te dirais qui tu es.

Du coup, je veux être qui ?

DA ? designer ? graphiste ?

Détendue ? Originale ? Féministe ?

Libre ? Fun ? Équilibriste ?

Je veux faire partie du gang, je veux être une cool girl.

Je veux traîner dans le 3e en me plaignant des touristes.

Je veux faire genre que je m’en fous,

De comment on me perçoit, de ce que tu penses de moi.

Je m’en fous de mon outfit, ce que t’en penses m’est bien égal.

Par contre, juge moi pour mes chaussures, je veux qu’elles te choquent

Miista, t’es trop fly

Miista, ta DA me fait kiffer

T’es la coolgirl qui s’en tape

Qui boit des matchas à 8 balles

Mais pas parce que c’est la mode.

Parce que t’aime vraiment ça

Toi, tu fais rien parce que la société l’a dit,

Tu fais que ce que tu veux, quand tu veux.

T’es libre, tu t’en fous de tout

T’es tout sauf une wannabe

T’es trop stylée pour ne pas t’en foutre

L’argent ? T’y penses même pas

La mode ? Tu la façonnes

T’es riche, mais pas chiante,

T’es kitsch, mais pas vraiment,

T’as du goût, t’assumes tes choix

Miista, t’es une meuf libérée,T’as peur de rien, tu fonces

T’aimes fort, tu parles fort, tu ris fort

T’es forte quoi,

Tu prends de la place.

Tu t’exprimes.

T’as des opinions, et tout le monde t’écoute,

Ils n’ont pas le choix.

Personne ne peut te rapetisser

personne ne peut te rabaisser

T’es la femme qui vit pour soi, ambitieuse

Tu te fringues pour toi, et puis peut-être un peu pour tes copines.

Un mec aime pas ? Tu calcules même pas.

Ma première fois face à toi ?

Illana qui m’envoie un message,

La fille la plus stylée que je connaisse,

M’envoie “Check this out”

J’arrive sur un profil instagram, délirant.

La DA de mes rêves,

Des meufs cools, dans des pauses absurdes,

Une vision simple,

Nette, claire et folle.

Toutes tes idées sont dingues de simplicité.

Alambiquées et pourtant directes.

Je switch entre jalousie et kiff,

Je veux être ces filles,

Je veux être cette DA,

Je veux porter ces chaussures.

C’était comme un film qui dit tout ce qu’on ne savait pas qu’on pensait.

Une évidence, une attraction.

J’ai trouvé ma clique.


I’m sorry, but I can’t chill with you anymore.

You’ve changed since we met. I still remember when I first opened your app, and realised the library didn’t end. Before you, television in faraway Australia had felt like a rationed good. Content arrived years late, if at all, while DVDs cost small fortunes. Finding anything interesting meant trawling obscure websites, or relying on stuffy broadcasters to decide ‘we’ were ready for it.

And then suddenly, there you were. For the price of a single box set, a universe of films and series was open to me. No schedules, no scarcity. I remember scrolling your catalogue with a kind of disbelief, half expecting the illusion to collapse.

But you were real. You felt less like a service, and more like I’d stumbled through a doorway – the entrance to a limitless library. I felt like I was touching the future.

Months later, the wonder hadn’t faded, even as you‘d moved from a novelty to being foundational to my entertainment. Your red icon had taken its place beside email and music on my phone. And the familiar heartbeat as I opened your app – da DUM – became a part of my everyday rhythm, marking the moment I could relax.

And it was no longer just your scale that appealed. I began to watch your shows, the ones that you’d created. Everyone was. House of Cards, Stranger Things, Narcos – your shows were driving our cultural conversations. Frankly, it was comforting, not really having to choose what to watch next. Your red icon felt like a curators stamp of reliable quality.

And then, somewhere, the dynamic shifted.

The signs were subtle at first: scrolling got longer, and watching got shorter. Your library seemed less endless and more just… empty. Rows of recommendations stretched on forever, yet nothing seemed worth pressing play. What had once felt like a carefully curated cinema felt more and more like a packed warehouse – one where the price of entry was steadily marching upwards…

I understand, at least in part, why you changed. I know the studios reclaimed their shows. I know the industry fractured. But understanding those reasons didn’t salve my disappointment.

And then came the moment that felt strangely personal: the end of password sharing. You’d previously joked that ‘love was sharing a password’. I’d relished sharing it with friends and family, to connect over culture. But suddenly you treated it as a violation, as something to be penalised.

Frankly the problem wasn’t just price increases, or missing shows, or policy changes. It was the increasingly evident truth that the magic had drained away. I know you’ll say that you didn’t change as much as the world around you did. Perhaps that’s true; after all, most revolutions eventually become industries.

But the truth of my feelings is simple: I’ll always miss who you were, Netflix. You once felt like freedom from television. But now you feel like television, again.

It’s time to log out.

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